Bases 13 min de lecture · 14 Mai 2026 · Mis à jour le 5 Oct 2026

Les types de crowdfunding en France : don, prêt, obligations, equity et immobilier

Don, récompense, prêt, obligations, equity, immobilier : 1 763 M€ collectés en France en 2025. Statut, ticket et fiscalité de chaque type de crowdfunding.

Le crowdfunding français se divise en trois modèles, le don, le prêt et l'investissement (capital et royalties), qui ont collecté 1 763 M€ en 2025, d'après le baromètre de Forvis Mazars et France FinTech.

Sept types de crowdfunding comparés : statut, ticket moyen, collecte 2025 et fiscalité

Du don sans contrepartie à la prise de participation au capital, ce que reçoit le financeur change d'un type à l'autre. Pour choisir une plateforme au sein d'un type, le comparatif des plateformes de crowdfunding détaille l'offre.

Type Ce que le financeur reçoit Régime et autorité Contribution moyenne (2024) ou ticket Collecte en France (2025) Fiscalité du gain
Don Aucun avantage IFP : ORIAS, ACPR 41 € 125,3 M€ ; 178 M€ avec la récompense Réduction de 66 % si le bénéficiaire est d'intérêt général
Récompense Un produit ou un avantage IFP : ORIAS, ACPR 80 € 52,7 M€ Réduction exclue au-delà d'une contrepartie de faible valeur (un quart du don, 65 € par an)
Prêt rémunéré Intérêts et capital PSFP : agrément AMF, avis conforme ACPR 5 712 € ; dès 20 € chez Bienprêter 398,7 M€ PFU de 31,4 % ; 8 000 € de pertes imputables par an
Obligations Coupon, fixe ou variable selon le contrat, et capital PSFP : agrément AMF, placement de titres 6 015 € ; dès 1 000 € chez Homunity 1 016,0 M€ Coupons au PFU
Minibons (supprimés) Reconnaissance de dette, sous-catégorie du bon de caisse CIP ou prestataire de services d'investissement, régime supprimé par l'ordonnance de 2021 1 921 € en 2022 6,7 M€ en 2022 Pertes imputables comme celles d'un prêt participatif
Actions (investissement en capital) Parts d'une société non cotée PSFP : agrément AMF, placement de titres 5 231 € ; dès 100 € (WiSEED, Lita) 170 M€ pour le capital et les royalties Dividendes et plus-values à 31,4 % ; moins-values imputables sur les plus-values seulement
Immobilier Une dette le plus souvent, parfois des actions PSFP : prêts ou placement de titres Dès 1 € (La Première Brique) ; à partir de 1 000 € (Homunity) 845 M€, 1 004 projets Intérêts et dividendes au PFU

Ce baromètre classe l'immobilier dans le modèle prêt, dont le total de 1 414,8 M€ réunit aussi les prêts rémunérés et les obligations, ce qui exclut d'additionner la ligne immobilière aux deux autres.

PSFP, IFP et CIP : les statuts réglementaires des types de crowdfunding depuis 2021

Depuis le 10 novembre 2021, date d'entrée en application du règlement européen 2020/1503, l'agrément de prestataire de services de financement participatif (PSFP) délivré par l'AMF sert de régime commun aux prêts rémunérés et aux titres. Au-delà de 5 millions d'euros sur douze mois par porteur de projet, une offre commerciale sort de ce cadre, précise l'AMF.

Trois statuts se répartissent donc les types :

  • le PSFP, dont l'AMF délivre l'agrément après avis conforme de l'ACPR lorsque la plateforme facilite des prêts ;
  • l'intermédiaire en financement participatif (IFP), immatriculé à l'ORIAS et supervisé par l'ACPR, pour les dons, avec ou sans contrepartie, les prêts sans intérêt et certains crédits rémunérés limités à 2 000 € par prêteur et par projet et à sept ans, d'après la notice de l'ACPR du 2 novembre 2023 ;
  • le CIP (conseiller en investissements participatifs), régime que l'ordonnance du 22 décembre 2021 a supprimé et qui a cessé d'exister le 10 novembre 2023.

La liste blanche de l'AMF, consultée le 30 septembre 2026, indique pour chaque numéro d'agrément de PSFP les services autorisés : placement de titres, facilitation de prêts, ou les deux. Elle n'est pas mise à jour en temps réel.

Avant de souscrire, le financeur lit la fiche d'informations clés sur l'investissement (FICI), qui indique la rémunération, les frais et les droits attachés aux titres, selon le dépliant de l'AMF de juin 2024.

Don et récompense : 178 M€ levés en 2025 sur des plateformes d'IFP

Don et récompense forment un seul modèle, celui du don accompagné ou non d'une contrepartie, qui a collecté 178 M€ en 2025, indique le communiqué du baromètre. Selon l'AMF, une contrepartie peut être une place de concert, des livres ou l'avant-première d'un film, et les plateformes de dons exercent en IFP depuis le 1er mars 2017.

Parmi les plateformes de dons et de contreparties, Ulule prélève sur un projet en euros inférieur à 100 000 € une commission de 8 % TTC pour un paiement par carte et de 5 % TTC par chèque ou virement, uniquement si l'objectif est atteint, selon la page des frais d'Ulule.

Les contributeurs règlent en plus 0,10 € + 2,2 % TTC par contribution. La plateforme affiche environ 78 % de projets financés parmi ceux lancés en 2023, d'après sa comparaison des plateformes.

Au baromètre 2024, un don sans récompense pesait 41 € en moyenne et un don avec récompense 80 €. En 2025, le baromètre chiffre 125,3 M€ de dons sans récompense et 52,7 M€ de dons avec récompense, et note une stabilité complète de leur répartition.

D'après service-public.gouv.fr, la réduction d'impôt de 66 % suppose l'absence de contrepartie, hors biens de faible valeur plafonnés à un quart du don et à 65 € par an : une récompense au-delà de ce plafond l'exclut.

Prêt rémunéré : 398,7 M€ en 2025, porté par le crowdfactoring

Contrat par lequel le financeur prête à une entreprise contre des intérêts, le prêt rémunéré a vu sa collecte progresser de 35 % en 2025, de 294,3 M€ à 398,7 M€. Cette hausse s'explique, selon le baromètre, par le crowdfactoring, ou financement participatif par affacturage. Bienprêter, spécialiste du crowdfactoring, ouvre l'accès dès 20 €, contre une contribution moyenne de 5 712 € en 2024.

Côté emprunteurs, l'AMF indique qu'un particulier ne reçoit que des prêts sans intérêt, sauf besoin professionnel ou formation, et qu'aucun plafond légal ne limite un prêt rémunéré par projet.

Fiscalement, les intérêts relèvent des revenus de capitaux mobiliers et supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, dont 12,8 % pour l'impôt sur le revenu. Sur un prêt consenti depuis 2017, une perte en capital s'impute sur les intérêts d'autres prêts participatifs au titre de l'impôt sur le revenu, dans la limite de 8 000 € par an.

Trois articles traitent le sujet à part, le fonctionnement du crowdlending, ses risques et sa fiscalité, et le classement des plateformes de crowdlending recense l'offre.

Obligations et minibons : 1 016 M€ collectés en 2025, minibons supprimés

Une obligation est un titre de dette, souscrit ici via un PSFP. Son contrat fixe les modalités de rémunération, qui peuvent prévoir un taux fixe ou variable, explique Fortuneo.

Le dépliant de l'AMF présente le rendement des obligations de financement participatif comme « fixé au départ dans le contrat ».

La collecte d'obligations a perdu 3,7 % en 2025, de 1 055,3 M€ à 1 016,0 M€, et 43 % depuis 2022, où elle atteignait 1 788,3 M€. Sa contribution moyenne est passée de 18 512 € en 2022 à 6 015 € en 2024.

Déclinaison du bon de caisse proposée par l'intermédiaire d'un prestataire de services d'investissement ou d'un CIP, sur un site internet conforme au règlement général de l'AMF, le minibon existe depuis le 1er octobre 2016, et un décret effectif au 31 octobre 2016 a fixé son plafond à 2,5 M€ par an et par entreprise emprunteuse. Pourtant, il est resté marginal, avec 6,7 M€ collectés pour 51 projets en 2022, contre 1 788,3 M€ d'obligations. L'ordonnance du 22 décembre 2021 a ensuite supprimé le régime des minibons, relève le BOFiP.

Pour les minibons souscrits depuis le 1er janvier 2017, le BOFiP retient la même imputation des pertes que pour les prêts participatifs.

Crowdfunding equity : 170 M€ d'investissement en 2025, des actions de start-up et de PME non cotées

En crowdfunding equity, le financeur souscrit des actions d'une start-up ou d'une PME via un PSFP. Le baromètre chiffre ce modèle sous l'intitulé « investissement (capital et royalties) » : sa collecte a reculé de 16 % entre 2024 et 2025, de 202,5 M€ à 170 M€. Selon le baromètre, ce recul s'explique par une baisse d'appétit pour le financement de l'innovation et des start-up, ainsi que par des dispositifs de soutien à l'innovation qui pâtissent depuis 18 mois d'une instabilité. Désormais, une campagne de start-up dure en moyenne 89 jours, contre 61 jours en 2024.

Alors que la contribution moyenne en capital atteignait 5 231 € en 2024, l'entrée se fait dès 100 € chez WiSEED et Lita, et dès 500 € chez Tudigo. Le catalogue du crowdfunding equity et la sélection des meilleures plateformes détaillent l'offre.

Les dividendes relèvent du PFU par défaut, les plus-values de cession supportent 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, tandis qu'une moins-value ne s'impute que sur des plus-values de la même année ou des dix suivantes.

Une plateforme agréée peut elle-même entrer en procédure collective. Agréée sous le numéro FP-2023-39, Tudigo, qui revendique plus de 200 M€ investis depuis sa création, a été placée en redressement judiciaire le 5 août 2026 par le tribunal de commerce de Bordeaux, rapporte MoneyVox.

Tudigo indique dans sa notice du 14 août 2026 que la procédure n'affecte pas la propriété des titres ou créances des investisseurs et précise que tout reversement de fonds requiert l'autorisation de l'administrateur judiciaire. Selon cette notice, l'audience d'examen des offres de reprise est fixée au 30 septembre 2026. Elle cite trois issues possibles : un plan de cession totale ou partielle, un plan de redressement ou une conversion en liquidation judiciaire.

Financement participatif immobilier : dette de promotion, prêts et actions de holding

Dans le financement participatif immobilier, la dette prime, avec 845 M€ pour 1 004 projets au baromètre 2025, soit 47,9 % de la collecte française, et un rendement brut moyen de 11 %.

Mais la collecte immobilière a reculé de 47 % en trois ans, de 1 607 M€ en 2022 à 845 M€. Sur les incidents, le baromètre déclare en ordre de grandeur 25 à 30 % de projets immobiliers en retard de plus de six mois et 20 à 25 % en procédure collective.

Plateforme par plateforme, le comparatif du crowdfunding immobilier détaille l'offre, le catalogue immobilier liste les plateformes du segment et les risques du crowdfunding immobilier suivent un incident de l'échéance manquée au recouvrement.

L'AMF rappelle qu'une action offre un rendement variable, là où l'obligation porte une rémunération contractuelle. Chaque plateforme choisit son instrument :

  • Chez La Première Brique, l'investissement se fait « sous forme de prêt », avec un contrat qui lie le financeur directement au porteur ;
  • Homunity propose des obligations et précise qu'elles ne sont pas garanties, le remboursement dépendant en cas de défaut de la valeur du projet et des sûretés ;
  • Anaxago réunit ses membres dans des holdings dédiées, les clubdeals, qui souscrivent des actions, des obligations ou un autre titre émis par la société cible, selon sinvestir.fr.

Selon un article de CMS publié par Option Finance le 22 février 2019, l'immobilier recourt aussi au capital, avec trois montages courants, qui prennent tous la forme d'une souscription de titres de sociétés non cotées :

  • une prise de capital dans une holding actionnaire d'une société civile de construction-vente (SCCV), ce qui évite à l'investisseur d'être solidairement responsable des dettes de la SCCV ;
  • des obligations de cette holding ;
  • des obligations de la SAS qui gère le chantier et la promotion.

Questions fréquentes sur les types de crowdfunding en France

Le crowdlending est-il du crowdfunding ?

Oui, le crowdlending est le modèle prêt du crowdfunding, aux côtés du don et de l'investissement (capital et royalties), mais le baromètre additionne aux prêts des obligations que l'AMF classe parmi les titres, d'où des écarts de chiffres d'une source à l'autre que l'article sur la terminologie détaille.

Combien peut-on investir en crowdfunding equity ?

La loi ne fixe aucun plafond au montant souscrit en actions, d'après l'AMF. Mais au-delà du plus élevé de 1 000 € ou de 5 % de son patrimoine net, chaque offre déclenche un avertissement, un consentement explicite et la preuve que l'investisseur non averti comprend le risque, selon l'article 21 du règlement européen. Avec 40 000 € de patrimoine net, ce seuil vaut 2 000 €.

Peut-on perdre tout son capital en crowdfunding equity ?

Oui, l'AMF range parmi les risques des titres le non-remboursement du capital investi et la difficulté, voire l'impossibilité, de revendre. Au baromètre 2024, le taux de sorties positives du capital atteint 71,4 %, soit la part des sociétés cédées sans perte en capital parmi les sorties de l'année. Or, le baromètre précise que ce taux se lit avec nuance, car certaines sociétés restent en attente de sortie.

Comment vérifier l'agrément d'une plateforme de crowdfunding ?

Il faut chercher son numéro dans le registre qui correspond à son statut : la liste blanche de l'AMF pour un PSFP français, la liste de l'ESMA pour un PSFP agréé dans un autre État membre, l'ORIAS pour un IFP. Un IFP affiche son numéro ORIAS dans ses mentions légales et sur ses documents commerciaux, précise la même brochure de l'AMF. Sur le site d'une plateforme, le label « Plateforme de financement participatif régulée par les autorités françaises » signale aussi qu'elle relève de ce cadre. Mais un agrément listé ne renseigne pas sur la solidité financière. Les CGU de Tudigo, mises à jour le 7 août 2026, se réclament toujours de l'agrément PSFP, deux jours après l'ouverture du redressement judiciaire.

À quelles conditions un don en crowdfunding donne-t-il droit à une réduction d'impôt ?

Le bénéficiaire doit être un organisme d'intérêt général ou reconnu d'utilité publique. Aucune contrepartie ne peut revenir au donateur, sauf des biens de faible valeur, dans la limite de 25 % du don et de 65 € par an. La réduction atteint 66 % du don jusqu'à 20 % du revenu imposable, si bien que 200 € donnés à ce type d'organisme ouvrent 132 € de réduction. Le taux passe à 75 % jusqu'à 2 000 € pour les organismes qui aident des personnes en difficulté, puis revient à 66 % au-delà. Lorsque les dons dépassent la limite de 20 % du revenu imposable, l'excédent se reporte sur les cinq années suivantes, précise service-public.gouv.fr, page vérifiée le 15 avril 2026.


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La rédaction TopLending
Relu par TopLending Editorial · Reviewed by independent analysts
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