Bases 13 min de lecture · 14 Mai 2026 · Mis à jour le 1 Oct 2026

Fiscalité du crowdlending en 2026 : PFU, cases de la déclaration et pertes

Intérêts de prêts participatifs perçus en 2026 : 31,4 % de PFU, case 2TT, formulaires 2047 et 3916, pertes imputables jusqu'à 8 000 € par an.

Un résident français qui perçoit des intérêts de prêts participatifs en 2026 supporte 31,4 % de prélèvements, dont 12,8 % d'impôt sur le revenu (page de l'administration du 20 mars 2026). Les intérêts de prêts participatifs vont case 2TT, ceux des obligations ailleurs.

PFU 2026 sur le crowdlending : la CSG à 10,6 % et le total de 31,4 %

Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les produits de placement passe de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % au total d'après la brochure pratique de l'impôt sur le revenu 2026.

Pour les prélèvements sociaux, Service-public.gouv.fr (page vérifiée le 30 juin 2026) applique les 18,6 % aux produits de placement à revenu fixe et aux dividendes. Actu-juridique, de son côté, cite les dividendes et les intérêts de placements financiers parmi les revenus soumis à 10,6 % (article du 4 février 2026). Le BOFiP rattache les intérêts de prêts participatifs au prélèvement forfaitaire obligatoire de l'article 125 A du CGI (BOI-RPPM-RCM-30-20-30). En revanche, l'assurance-vie, l'épargne logement, les revenus fonciers et les plus-values immobilières gardent 9,2 % selon la brochure. Le crowdlending ne figure pas dans cette liste.

Sur 1 000 € d'intérêts, le net passe de 700 € au taux de 30 % à 686 € au taux de 31,4 %.

Les intérêts encaissés en 2025 qui ont supporté les prélèvements sociaux à la source restent à l'ancien taux de 30 % et se déclarent au printemps 2026, ceux de 2026 au printemps 2027 (Meilleurtaux Placement, 14 avril 2026). La hausse de la CSG prend effet avec les revenus 2025 déclarés en 2026 pour les revenus du patrimoine, et le 1er janvier 2026 pour les produits de placement (brochure pratique 2026). Selon la brochure des revenus de capitaux mobiliers, 18,6 % de prélèvements sociaux s'ajoutent aux revenus qui ne les ont pas supportés lors de leur versement.

À la source, une plateforme établie en France retient 12,8 % d'acompte, que le BOFiP nomme prélèvement forfaitaire obligatoire non libératoire.

L'impôt définitif est fixé à la déclaration de l'année suivante, et la même brochure prévoit la restitution de tout excédent. Les risques du crowdfunding immobilier ont leur propre guide, et la définition du crowdlending situe le produit.

Option pour le barème progressif (case 2OP) : seuil de rentabilité par tranche

Cocher la case 2OP place sous le barème progressif l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values de cession de valeurs mobilières de l'année, dividendes et ventes d'actions compris. Une fois cochée, elle revient précochée l'année suivante, et l'option se reconduit sans démarche.

Sous le barème, 6,8 points de CSG se déduisent du revenu imposable, et la brochure pratique 2026 maintient ce taux malgré la hausse de la CSG. La base de 1 000 € d'intérêts tombe donc à 932 €. Dans la tranche à 11 %, l'impôt atteint 102,52 € (10,25 % des intérêts), contre 128 € au PFU. Il monte à 279,60 € dans la tranche à 30 %. Selon le BOFiP, la tranche à 11 % couvre, pour les revenus 2025, de 11 600 € à 29 579 € par part, et celle à 30 % monte jusqu'à 84 577 €.

Pour ces seuls intérêts, à taux marginal constant et avec la déduction de CSG applicable, le barème réduit l'impôt dans les tranches à 0 % et 11 % le PFU coûtant moins cher dans la tranche à 30 % ; l'option 2OP se simule toutefois sur l'ensemble des revenus concernés et pour l'année de déduction de la CSG.

Déclarer les intérêts d'une plateforme française : IFU, cases 2TT, 2CK et 2BH

Côté plateforme française, Enerfip transmet son imprimé fiscal unique (IFU) à l'administration avant le 15 février de l'année suivante, renvoie ses investisseurs aux cases 2DC, 2TR, 2TT, 2CK, 2BH et 8PL de la déclaration et demande de corriger tout montant inexact. Sur ces mêmes cases, MoneyVox signale une erreur courante (article du 21 mai 2024) : porter en 2TR des intérêts qui vont en 2TT. Ci-dessous, les cases correspondent à la déclaration 2026 (revenus 2025), y compris celles d'une plateforme étrangère.

Situation Formulaire ou case Contenu à porter Repère
Plateforme française IFU Intérêts et pertes des prêts participatifs de l'année Dépôt par la plateforme avant le 15 février
Prêt participatif 2042, case 2TT Intérêts perçus en 2025 en rémunération de prêts participatifs Préremplie ; la case 2TR reçoit d'autres produits à revenu fixe, dont les obligations
Plateforme française 2042, case 2CK Prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % déjà versé Imputé sur l'impôt dû, surplus remboursé
Plateforme française 2042, case 2BH Revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux, CSG déductible en cas d'option Montant repris de l'IFU
Option 2042, case 2OP Choix du barème progressif pour l'ensemble des revenus mobiliers Précochée si cochée l'année précédente
Perte 2042 C, cases 2TU à 2TY Pertes nettes non imputées, selon l'année d'origine de la perte (2TY pour 2025) Report sur cinq ans
Plateforme étrangère 2047, cadre 2, puis 2042 Intérêts versés par un payeur établi à l'étranger et encaissés à l'étranger Report sur la 2042 selon la nature du revenu
Plateforme étrangère 2042 C, cases 8VL et 8PL Crédits d'impôt étranger et revenus nets ouvrant droit au crédit Plafond : impôt français correspondant
Plateforme étrangère Formulaire 2778 Prélèvement de 12,8 % et prélèvements sociaux, dus par le contribuable Dans les 15 premiers jours du mois suivant l'encaissement
Compte à l'étranger Formulaire 3916 Références de chaque compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger Joint à la déclaration de revenus

Dispense du prélèvement de 12,8 % : seuils de revenu fiscal de référence et date limite

Un foyer dont le revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou à 50 000 € (couple soumis à imposition commune) peut demander à ne pas subir le prélèvement de 12,8 %. L'attestation sur l'honneur se remet à l'établissement payeur au plus tard le 30 novembre de l'année précédant le paiement, et les prélèvements sociaux restent dus, selon la brochure. Chez Enerfip, la demande se fait en ligne dans « Mon compte » (page d'aide).

Des intérêts perçus en 2027 exigent donc une attestation avant le 30 novembre 2026, jugée sur le RFR de 2025.

Plateforme étrangère : formulaire 2047, crédit d'impôt, formulaire 2778 et compte du 3916

Selon la notice de la 2047, les revenus de valeurs et capitaux mobiliers de source française ou étrangère encaissés à l'étranger s'inscrivent au cadre 2, puis sur la 2042 selon leur nature. Ce cadre reprend les lignes 2TR (intérêts et autres produits de placement à revenu fixe) et 2TT (intérêts des prêts participatifs et des minibons). Quand la convention fiscale prévoit un crédit égal à l'impôt étranger, ce crédit reste limité à l'impôt français, qui s'entend en général de l'impôt sur le revenu augmenté des prélèvements sociaux. L'excédent ne se restitue pas. Case 8VL de la 2042 C, on reporte le total des crédits, avec les revenus nets correspondants case 8PL.

Si le payeur est établi hors de France, le prélèvement est dû par le contribuable. À partir de 25 000 € de RFR (personne seule) ou de 50 000 € (couple), mesurés sur l'avant-dernière année, le foyer déclare et paie lui-même le prélèvement sur le formulaire 2778, dans les quinze premiers jours du mois suivant l'encaissement. Toutefois, un payeur de l'Espace économique européen peut s'en charger sur mandat.

Le formulaire 3916 recense les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger dans l'année, y compris auprès d'autres teneurs qu'un établissement bancaire. D'après le BOFiP, tout compte ouvert hors de France auprès d'une personne qui reçoit habituellement en dépôt des valeurs mobilières, titres ou fonds est concerné, avec l'établissement bancaire, le prestataire de services d'investissement et le notaire pour exemples. Depuis le 1er janvier 2019, les comptes non utilisés se déclarent aussi. L'amende atteint 1 500 € par compte bancaire omis, et 10 000 € dans un État sans convention d'assistance administrative ; elle est de 750 € par compte d'actifs numériques omis. L'administration peut aussi majorer jusqu'à 80 % les droits dus sur les revenus liés au compte.

Le pays d'établissement de la plateforme ne suffit pas à déterminer la convention applicable : la convention France-Estonie (article 11) rattache par exemple les intérêts à l'État de résidence du débiteur ou de son établissement stable, et il faut donc identifier le débiteur, l'instrument et l'établissement qui supporte les intérêts avant d'utiliser le tableau pays par pays de la page consacrée aux taxes.

Pertes sur prêts participatifs : imputation jusqu'à 8 000 € par an, report sur cinq ans

Une perte en capital sur un prêt participatif consenti depuis le 1er janvier 2017 s'impute sur les intérêts d'autres prêts participatifs ou de minibons, dans la limite de 8 000 € par an (BOFiP, plafond que rappelle aussi MoneyVox). L'imputation se fait l'année où la créance devient définitivement irrécouvrable ou pendant les cinq années suivantes. Ce droit revient aux personnes physiques qui gèrent leur patrimoine privé. Il porte sur des prêts consentis dans les conditions des articles L. 511-6 et L. 548-1 du Code monétaire et financier.

Au sens de l'article 272 du CGI cité par le BOFiP sur les créances irrécouvrables, une créance est définitivement irrécouvrable lorsque l'échec des poursuites intentées contre le débiteur le démontre. Un impayé à l'échéance ne suffit pas à l'établir.

On calcule la perte sur le capital : capital prêté moins capital remboursé, après déduction des sommes reçues d'un mécanisme de garantie. Frais et intérêts non versés en sont exclus. Dans la déclaration déposée l'année suivant la perception des intérêts, la perte réduit l'assiette de l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, gardent pour assiette les intérêts bruts. De même, les 12,8 % retenus à la source ne baissent pas, et l'excédent revient au prêteur à la régularisation.

Sur la 2042, le solde s'inscrit case 2TT s'il est positif, sinon dans la case de la 2042 C, de 2TU à 2TY, qui correspond à l'année de la perte, la 2TY étant celle de 2025.

Enerfip précise qu'une perte ne se déclare que lorsqu'un certificat d'irrécouvrabilité peut être émis. Le BOFiP énumère les pièces que le prêteur produit, sur demande de l'administration, pour justifier son droit à imputation :

  • la copie des contrats de prêt concernés ;
  • le document de l'intermédiaire indiquant les garanties ;
  • les justificatifs des procédures de recouvrement ;
  • le cas échéant, l'extrait du jugement de liquidation judiciaire.

Prêt prorogé : date d'imposition des intérêts et effet sur la perte

D'après le BOFiP, le prélèvement est exigible dès le paiement effectif des intérêts ou leur inscription à un compte. Pour un prêt prorogé d'un an dont les intérêts se règlent à la nouvelle échéance, ils entrent donc dans la déclaration de l'année du versement, au taux en vigueur cette année-là.

Or, prolonger un prêt ne rend pas la créance définitivement irrécouvrable, condition que le BOFiP pose à l'imputation, et les intérêts restant dus sont exclus de la perte imputable.

Exemple chiffré : 10 000 € prêtés à 10 % et encaissés en 2026

Cet exemple est une illustration : 20 prêts de 500 € à 10 % sur un an, intérêts encaissés en 2026, foyer sans dispense ni autre revenu mobilier. Dans le premier cas, les 20 prêts paient leurs intérêts ; dans le second, 19 prêts remboursent 50 € d'intérêts chacun et un prêt de 500 € devient définitivement irrécouvrable.

Ligne Les 20 prêts paient Un prêt sur 20 perdu
Intérêts encaissés 1 000 € 950 €
Perte en capital imputée 0 € 500 €
Base de l'impôt sur le revenu 1 000 € 450 €
Impôt sur le revenu à 12,8 % 128,00 € 57,60 €
Prélèvements sociaux à 18,6 % 186,00 € 176,70 €
Total des prélèvements 314,00 € 234,30 €
Résultat après prélèvements et perte 686,00 € 215,70 €

Sur les 20 prêts payés, l'option barème, avec un taux marginal de 11 % et la CSG déductible de 6,8 %, ramène le total à 288,52 € (102,52 € d'impôt et 186 € de prélèvements sociaux), soit 25,48 € de moins que les 314 € du PFU. Avec un prêt perdu, l'imputation économise 64 € d'impôt, et le rendement net ressort à 2,16 % du capital.

FAQ : fiscalité du crowdlending en France

Que faire si la case 2TT préremplie ne correspond pas à l'imprimé fiscal unique (IFU) de la plateforme ?

Rayez le montant préaffiché et inscrivez le montant exact des intérêts perçus dans l'année, comme la notice de la 2042 le prévoit pour tout montant prérempli inexact, avec l'IFU comme justificatif.

Faut-il déclarer sur le formulaire 3916 un compte de plateforme de crowdlending étrangère ?

L'obligation dépend de la nature du compte et de l'entité étrangère qui le tient, notamment lorsqu'elle détient habituellement des fonds ou des titres en dépôt. Elle ne se limite pas aux comptes bancaires et aux comptes d'actifs numériques. Ni le BOFiP ni la notice du 3916 ne mentionnent les plateformes de crowdlending, et l'amende s'applique à chaque compte omis. Actu-juridique range aussi parmi les comptes à déclarer les néobanques étrangères telles que N26 et Revolut (article du 6 avril 2023).

Peut-on déduire les frais de plateforme des intérêts ?

Sous le PFU, non : le prélèvement de 12,8 % s'applique au montant brut des intérêts versés, sans aucune déduction (BOFiP), et la case 2CA des frais et charges déductibles ne joue que sous l'option barème (brochure).

Comment est imposée la revente d'un prêt sur un marché secondaire ?

Un gain de cession de créance suit le régime des intérêts : 12,8 % ou barème sur option, plus prélèvements sociaux, sans abattement pour durée de détention. À l'inverse, une perte de cession se compense avec les produits et gains soumis au même régime, selon le BOFiP cité plus haut.

Un foyer sous les seuils de dispense du revenu fiscal de référence est-il dispensé du formulaire 2778 pour une plateforme étrangère ?

Un RFR de l'avant-dernière année sous 25 000 € pour une personne seule ou sous 50 000 € pour un couple peut dispenser du prélèvement de 12,8 %. La notice 2778-SD 2026 précise que cette dispense ne couvre pas les prélèvements sociaux, qui figurent parmi les sommes payées avec la déclaration 2778. La dispense d'acompte laisse donc subsister le paiement des prélèvements sociaux. Les intérêts figurent sur la 2042 de l'année du versement.


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La rédaction TopLending
Relu par TopLending Editorial · Reviewed by independent analysts
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