Le revenu passif en crowdlending désigne des intérêts de prêts participatifs encaissés sans gestion quotidienne. Avec un rendement brut constant de 11,0 % (immobilier 2025, baromètre Forvis Mazars), 500 € nets mensuels après PFU exigent 79 512 € prêtés.
Capital à prêter pour 100, 300 ou 500 € de revenu mensuel en crowdlending
Pour obtenir un revenu mensuel donné, il faut prêter le revenu annuel visé divisé par le rendement, puis environ 46 % de plus pour absorber le PFU. Trois rendements datés servent de repères. Raizers publie 5,14 % de TRI net de risque depuis 2016 (page du 2 septembre 2026) et Anaxago 8,7 % sur ses opérations immobilières depuis 2014 (28 septembre 2026). Le taux de 11,0 % correspond à la moyenne brute de l'immobilier en 2025 dans le baromètre de Forvis Mazars et France FinTech.
Ce tableau chiffre, à titre d'exemple, le capital nécessaire selon le rendement annuel avant impôt.
| Revenu mensuel visé | 5,14 % | 8,7 % | 11,0 % |
|---|---|---|---|
| 100 € avant impôt | 23 346 € | 13 793 € | 10 909 € |
| 100 € après PFU | 34 033 € | 20 107 € | 15 902 € |
| 300 € avant impôt | 70 039 € | 41 379 € | 32 727 € |
| 300 € après PFU | 102 098 € | 60 320 € | 47 707 € |
| 500 € avant impôt | 116 732 € | 68 966 € | 54 545 € |
| 500 € après PFU | 170 163 € | 100 533 € | 79 512 € |
Ces capitaux sont des illustrations fondées sur un taux de coupon hypothétique constant, sans retard ni perte.
Ils expriment une moyenne annuelle divisée par douze, non un versement mensuel garanti. Un TRI historique net de risque ne se convertit pas directement en revenu net après impôt.
Sur le segment du crowdfactoring, Bienprêter publie un TRI net de 12,44 % depuis 2018 (page du 30 septembre 2026), soit 70 308 € de capital pour 500 € nets par mois après PFU en prenant ce TRI comme rendement avant impôt.
Chaque versement d'intérêts est soumis au PFU, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux, d'après l'administration fiscale (page du 20 mars 2026). L'impôt définitif se règle à la déclaration de l'année suivante. Chez Bienprêter, le PFU est retenu sur chaque versement d'intérêts, donc 500 € d'intérêts laissent 343 € sur le compte.
Une dispense du prélèvement de 12,8 % s'obtient sur attestation, remise avant le 30 novembre de l'année qui précède le paiement, quand le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année reste sous 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple. Les prélèvements sociaux restent dus. Avec la dispense, les mêmes 500 € laissent 407 € sur le compte, et les 64 € d'impôt se règlent l'année suivante. Cases et options de déclaration figurent dans le guide de fiscalité du crowdlending.
Calendrier des versements : intérêts mensuels, in fine, annuités et zéro coupon
Sur la fiche projet, le type de remboursement décide si l'intérêt arrive chaque mois ou en une fois.
Enerfip décrit quatre formules dans son lexique du crowdlending.
- L'in fine rend le capital à l'échéance et verse les intérêts périodiquement.
- Les annuités constantes mêlent capital et intérêts dans des versements identiques.
- Avec l'amortissement constant, chaque versement rembourse le même montant de capital, et les intérêts se calculent sur le capital restant dû.
- Le zéro coupon paie en une seule fois, à l'échéance, le capital et les intérêts cumulés pendant la durée de l'emprunt.
Le lexique d'Enerfip chiffre l'annuité : 1 000 € à 5 % remboursés sur quatre ans donnent quatre versements de 282,01 €, dont les intérêts passent de 50 € la première année à 13,43 € la dernière. Au total, l'investisseur touche environ 128 € d'intérêts, contre 200 € pour un prêt in fine du même taux et de la même durée, qui verse 50 € par an et rend les 1 000 € à la quatrième échéance. Enerfip juge ce mode moins risqué que le remboursement in fine, à condition de réinvestir le capital rendu pour conserver le rendement attendu.
Le tableau reprend, à la date de lecture du 30 septembre 2026, le calendrier publié par huit plateformes.
| Plateforme | Versement des intérêts | Capital | Durée publiée | Source |
|---|---|---|---|---|
| Bienprêter (crowdfactoring) | Chaque mois, vers le 6 | Rendu avec la dernière mensualité | 17 mois contractuels, 13 mois réels en moyenne | Aide, statistiques du 30/09/2026 |
| La Première Brique | À l'échéance pour la majorité des projets, mensuel sur certains | Rendu à l'échéance | 19 mois en moyenne | Aide du 19/05/2026, accueil |
| Raizers | Le plus souvent in fine, en une fois à la fin du projet | Rendu à la fin du projet | 12 à 36 mois | Page immobilier |
| Homunity (opérations immobilières) | Versés in fine | Rendu à l'échéance | 12 à 24 mois | Accueil |
| Debitum | Chaque mois, en fin de mois selon la FAQ générale ; Flow verse des intérêts quotidiens | Amortissement mensuel ou versement unique selon le prêt | Selon le prêt | FAQ du 04/12/2025, Flow |
| PeerBerry | Calculés chaque jour ; prêts courts payés à la clôture, prêts longs chaque mois | Prêts courts : rendu avec les intérêts à la clôture | Selon le prêt | Aide |
| Mintos | Flux continu au fil du mois, selon l'échéance de chaque prêt | Selon l'échéancier de chaque prêt | Selon le prêt | Aide du 23/10/2022 |
| Go & Grow (Bondora) | Rendement versé chaque jour, jusqu'à 6 % par an | Paiements partiels si la liquidation immédiate est impossible | Retrait à tout moment | Site du 15/09/2026 |
Parmi les plateformes françaises du tableau, trois paient le plus souvent à l'échéance et une seule verse chaque mois. Côté marché, le prêt rémunéré, porté par le crowdfactoring auquel appartient Bienprêter, a collecté 398,7 M€ en 2025 contre 294,3 M€ en 2024, d'après le baromètre.
Mintos et PeerBerry ajoutent un rachat, limité chez Mintos aux prêts qui en bénéficient. Chez Mintos, le prêteur d'origine rachète le prêt au-delà de 60 jours de retard, pour sa valeur nominale plus les intérêts courus, et l'obligation peut rester inexécutée si ce prêteur fait défaut. PeerBerry applique le même seuil de 60 jours et réserve le cas de force majeure.
Échelle de prêts in fine : 60 000 € pour 435 € d'intérêts mensuels
Avec des prêts qui versent capital et intérêts à l'échéance, un revenu mensuel s'obtient en échelonnant les échéances, et le premier versement attend la fin de la première durée.
Prenons 24 tranches de 2 500 €, placées une par mois dans des prêts à 8,7 % sur 24 mois, ce qui immobilise 60 000 € (exemple). Pendant 24 mois, aucun intérêt n'est encaissé. Dès le mois 25, une tranche arrive à échéance chaque mois et verse 2 935 €, soit 2 500 € de capital et 435 € d'intérêts (2 500 × 8,7 % × 2 ans). Seuls les 435 € forment le revenu, à savoir 298,41 € après PFU. Les 2 500 € doivent être reprêtés pour que l'échelle continue.
Des prêts à intérêts mensuels comme ceux de Bienprêter versent dès le premier cycle mensuel. Mais leur capital revient en bloc à la dernière mensualité et se reprête de la même façon.
Un prêt en retard ou en défaut : effet sur le revenu mensuel de 60 000 € prêtés
Un retard décale ou suspend les intérêts du prêt concerné, tandis qu'un défaut retire en plus tout ou partie du capital. Raizers indique qu'un retard de chantier peut décaler le remboursement et que des intérêts complémentaires sont possibles dans certains cas seulement. Selon le dépliant de l'AMF (juin 2024), le risque de non-paiement est « moyen à élevé », plus fort quand la durée s'allonge et que le capital n'est remboursable qu'à l'échéance.
Dans cet exemple, 60 000 € répartis en 30 prêts de 2 000 € à 8,7 % rapportent 435 € par mois avant impôt, dont 14,50 € par prêt.
| Scénario | Intérêts mensuels avant impôt | Après PFU | Capital perdu |
|---|---|---|---|
| 30 prêts sains | 435,00 € | 298,41 € | 0 € |
| 1 prêt en retard, intérêts suspendus | 420,50 € | 288,46 € | 0 € |
| 3 prêts en retard, intérêts suspendus | 391,50 € | 268,57 € | 0 € |
| 1 défaut, 50 % du capital recouvré | 420,50 € | 288,46 € | 1 000 € |
| 3 défauts sans recouvrement | 391,50 € | 268,57 € | 6 000 € |
Trois défauts sans recouvrement effacent environ 20 mois du revenu net initial, alors que le revenu mensuel ne baisse que de 30 €.
Toutefois, une perte en capital réduit l'impôt, car la BOFiP permet de l'imputer sur les intérêts d'autres prêts participatifs, jusqu'à 8 000 € par an, l'année où la créance devient définitivement irrécouvrable ou les cinq suivantes. Cette imputation concerne uniquement les créances entrant dans le champ de l'article 125-00 A du CGI, soit les prêts participatifs consentis depuis le 1er janvier 2017 et les minibons ; il faut vérifier l'instrument avant d'appliquer l'économie d'impôt illustrée. Sur 6 000 € imputés dans la limite de ces intérêts, l'impôt sur le revenu baisse de 768 € à 12,8 %. Retards et procédures collectives sont détaillés dans le guide des risques.
Sur l'ensemble de l'immobilier, le baromètre 2025 déclare 25 à 30 % de projets en retard de plus de six mois et 20 à 25 % en procédure collective, ce qui équivaut à 7,5 à 9 des 30 prêts de l'exemple, en retard au-delà de six mois. Dans le crowdfactoring, Bienprêter affiche sur son site un taux de défaut de 0,00 % depuis 2018.
Ces deux mesures couvrent des segments distincts, l'immobilier d'un côté et le crowdfactoring, financement participatif par affacturage, de l'autre.
Le TRI de 8,7 % d'Anaxago déduit déjà les retards et défauts constatés. Pourtant, la même page recense 236,6 M€ de capital en défaut de remboursement, soit 34,6 % du capital emprunté avec plus de 180 jours de retard au 28 septembre 2026.
Le scénario du tableau ajoute donc un stress à un rendement de départ que l'exemple fixe à 8,7 %.
Temps de gestion d'un portefeuille : remboursements à reprêter, AutoPILOT et argent non investi
Un portefeuille de 30 prêts demande plusieurs décisions par mois, car chaque remboursement doit être reprêté. Selon l'aide de Bienprêter, la durée affichée est un maximum qui peut inclure une marge de sécurité allant jusqu'à six mois pour les créances. La durée réelle moyenne publiée étant de 13 mois, 30 prêts se remboursent environ 28 fois par an (30 × 12 ÷ 13).
AutoPILOT filtre les nouveaux projets selon trois stratégies (Diversification, Prudence ou Court terme) ou des critères personnalisés et, selon sa page, « n'investit pas à votre place », chaque proposition devant être validée à la main.
La page commerciale mentionne 24 heures, tandis que les CGU d'AutoPILOT (article 5.2, en vigueur depuis le 29/10/2025) prévoient 12 heures ou une expiration plus précoce, à la clôture du projet ou quand le quota est atteint.
Chaque remboursement resté sans emploi coûte des intérêts. Avec un rendement de 8,7 %, 2 000 € immobiles pendant 30 jours perdent 14,30 €, soit environ 400 € par an sur 28 remboursements, ou 7,7 % des 5 220 € d'intérêts annuels bruts du portefeuille de l'exemple.
La Première Brique rémunère le solde du porte-monnaie à 3 % brut annuel, avec un plafond égal au montant investi sur les 30 derniers jours (aide du 19 mai 2026), des intérêts calculés les 1er et 16 de chaque mois et versés le 1er du mois suivant. Cette rémunération ne couvre donc pas automatiquement tout solde disponible, et le coût d'attente de 14,30 € n'est réduit que jusqu'à ce plafond.
Depuis le 11 septembre 2026, Bienprêter limite la durée d'une collecte à 7 jours au lieu de 30, la plateforme expliquant que les sommes engagées pouvaient être immobilisées pendant toute la collecte avant de produire des intérêts.
« Reinvest all », le réglage par défaut de Mintos, réinvestit automatiquement les intérêts et le capital remboursés. Malgré ce réglage, les 693 portefeuilles suivis par P2P Dash laissaient au 27 septembre 2026 3,1 % de leurs fonds non investis en médiane.
Pour situer ce revenu face au Livret A, aux SCPI ou aux dividendes, le guide revenus passifs compare sept sources de revenus.
FAQ : revenu mensuel du crowdlending
Combien investir en crowdlending pour toucher 500 € par mois ?
À coupon constant et sans défaut, il faut prêter de 79 512 € à un rendement de 11,0 % jusqu'à 170 163 € à 5,14 %, avant impôt, pour toucher 500 € nets de PFU par mois. Avec la dispense, 81,4 % des intérêts arrivent sur le compte au lieu de 68,6 %. À 8,7 %, un capital de 84 724 € suffit alors pour encaisser 500 € par mois, contre 100 533 € sans dispense, et les 78,62 € mensuels d'impôt sur le revenu correspondants sont dus à la déclaration suivante.
Le crowdlending verse-t-il des intérêts tous les mois ?
Non, pas systématiquement, car une même plateforme peut mêler projets in fine et projets versant des intérêts chaque mois, comme La Première Brique, dont le type de remboursement est toujours clairement indiqué dans la présentation du projet.
Que devient le revenu d'un prêt prolongé ?
Quand l'échéance d'un prêt est repoussée, ses intérêts arrivent plus tard, ou pas du tout selon les conditions du prêt. Selon la BOFiP, le fait générateur du prélèvement de 12,8 % se situe au paiement effectif ou à l'inscription en compte, donc des intérêts versés après prolongation subissent ce prélèvement à la date de leur versement.
Les mensualités continuent-elles si la plateforme cesse son activité ?
Oui, les mensualités restent dues par les emprunteurs. D'après Bienprêter, les contrats de prêt en cours subsistent et un dispositif de continuité avec son prestataire de paiement organise l'extinction des prêts. Côté marché, le baromètre relève que Koregraf et WeShareBonds ont cessé leur activité en 2025.
Le crowdlending est-il vraiment un revenu passif ?
En partie. Une fois le portefeuille bâti, les 28 remboursements annuels de l'exemple restent à reprêter, avec une validation manuelle de chaque proposition AutoPILOT chez Bienprêter, dans l'échéance affichée. L'AMF écrit dans un dépliant de juin 2024 que le financement participatif « ne doit pas être un moyen de se procurer des revenus réguliers » et ne doit représenter qu'une petite partie de l'épargne.